Taux à 3,25 % : ce que la baisse de la Banque d'Israël change
Le 1er septembre 2026, la Banque d'Israël a de nouveau abaissé son taux directeur, le ramenant à 3,25 %. Pour un lecteur à Paris, New York, Moscou, Berlin ou Buenos Aires qui envisage d'acheter un appartement à Tel-Aviv, à Netanya ou à Jérusalem, la nouvelle peut sembler technique. Elle ne l'est pas : ce taux détermine directement le coût du crédit immobilier israélien, la « mashkanta », et donc le montant que chaque acheteur de la diaspora peut réellement emprunter pour concrétiser son projet en Israël. Alors que le marché immobilier israélien vient de battre un record historique de prêts hypothécaires, comprendre ce changement de cap monétaire est devenu incontournable pour quiconque, dans le monde juif, songe à investir ou à s'installer en Israël.
3,25 % : la troisième baisse consécutive de l'année
Selon le communiqué officiel du Comité monétaire de la Banque d'Israël, la décision du 1er septembre 2026 fait suite à un ralentissement de l'inflation, désormais « inférieure au point médian de la fourchette cible », et à une économie qui continue de croître sans surchauffer : le PIB a progressé de 6,2 % par rapport au quatrième trimestre 2025, mais seulement de 3,8 % hors effet de la production délocalisée des entreprises israéliennes à l'étranger. Le Comité a également noté que la prime de risque géopolitique du pays reste stable, malgré les tensions régionales persistantes, et que les salaires du secteur privé (hors hi-tech) ont progressé de 5,4 %. Cette troisième baisse consécutive confirme un cycle d'assouplissement engagé fin 2025 et relancé en 2026 : la banque centrale israélienne desserre progressivement sa politique monétaire, ce qui se répercute mécaniquement sur le coût du crédit immobilier.
Le crédit immobilier israélien bat des records historiques
Ce mouvement de taux intervient dans un contexte déjà spectaculaire pour le financement immobilier en Israël. Selon les données publiées par la Banque d'Israël, les emprunteurs israéliens ont contracté pour 10,9 milliards de shekels (environ 3,6 milliards de dollars, au taux actuel de 3,03 NIS pour 1 USD) de nouveaux prêts hypothécaires au mois d'août 2026 seul. Sur l'ensemble de l'année, la moyenne mensuelle atteint 10 milliards de shekels (environ 3,3 milliards de dollars), soit une hausse de 13,6 % par rapport à la moyenne de 2025 et de 28,2 % par rapport à 2024. 2026 s'annonce ainsi comme une année record pour l'octroi de crédit immobilier, alors même que le volume de transactions reste, lui, inférieur à ses sommets historiques.
Le prêt moyen accordé en juillet 2026 s'élevait à 1,117 million de shekels, soit environ 369 000 dollars, pour un total de 11,563 milliards de shekels (3,82 milliards de dollars) de nouveaux crédits sur le seul mois de juillet. Fait notable pour les acheteurs les plus aisés de la diaspora : les biens de plus de 3 millions de shekels (environ 990 000 dollars) représentent désormais 43 % des nouveaux prêts, et les biens de plus de 5 millions de shekels (1,65 million de dollars) pèsent pour 14,5 % du volume total, soit 1,67 milliard de shekels (environ 551 millions de dollars) rien qu'en juillet. Le marché du crédit se déplace donc clairement vers le haut de gamme, un segment où les acheteurs étrangers sont traditionnellement surreprésentés.
Ce que la baisse de taux change concrètement pour un acheteur non-résident
Un acheteur qui n'est pas résident israélien ne peut généralement financer qu'une partie de son achat via une mashkanta locale, le reste provenant de fonds rapatriés depuis son pays d'origine. Mais chaque point de base de taux directeur en moins réduit le coût des tranches shekel de son crédit, notamment sur les segments indexés au prime, qui sont redevenus la norme : la Banque d'Israël souligne d'ailleurs que les emprunteurs se tournent de plus en plus vers les crédits liés au taux prime, tandis que la part des financements de type « ballon », proposés directement par les promoteurs, est tombée à son plus bas niveau depuis fin 2023. Pour un porteur de dollars, d'euros ou de livres sterling, le contexte est doublement favorable : le shekel reste dans une fourchette relativement stable autour de 3,03 pour un dollar, et le coût local de l'emprunt continue de baisser, ce qui améliore mécaniquement le pouvoir d'achat immobilier de la diaspora sur le marché israélien.
Où ce nouveau contexte de taux profite le plus aux acheteurs de la diaspora
Cette détente monétaire arrive à un moment où le marché est très contrasté selon les villes. À Jérusalem, les prix ont progressé de 1,8 % sur un an, tandis qu'ils reculent de 1,7 % à Tel-Aviv et de 4,1 % dans le district central, où le prix moyen d'un appartement à Tel-Aviv atteint tout de même 3,58 millions de shekels (environ 1,18 million de dollars). Dans ce contexte, la baisse du coût du crédit rend certains marchés secondaires nettement plus accessibles pour un investisseur étranger disposant d'un apport en devises fortes, en particulier dans le nord et le sud du pays, où les prix ont continué de progresser modestement. C'est précisément le type d'arbitrage — entre taux, devise et localisation — que nous détaillons pas à pas dans notre guide ultime de l'achat immobilier en Israël, pensé pour les acheteurs qui vivent hors du pays.
Une fenêtre à surveiller de près
La Banque d'Israël elle-même reste prudente sur la suite : ses futures décisions dépendront de l'inflation, de l'activité économique, de l'évolution géopolitique et de la situation budgétaire. Mais la direction prise depuis fin 2025 — trois baisses consécutives en 2026, un taux ramené à 3,25 % et un marché du crédit en plein record — dessine une fenêtre concrète pour tout acheteur de la diaspora qui prépare un projet immobilier en Israël, qu'il s'agisse d'une résidence pour une future alyah, d'un pied-à-terre familial ou d'un investissement locatif. Le bon moment pour comparer les offres de mashkanta, sécuriser un taux et transférer ses fonds depuis l'étranger dans de bonnes conditions, c'est maintenant, avant la prochaine décision du Comité monétaire.
Pour aller plus loin dans votre projet et être accompagné à chaque étape depuis l'étranger, l'équipe d'Immobilier.co.il vous aide à transformer cette conjoncture en opportunité concrète.
